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EMIRElision Mais Inexorabilité du Risque : quelle résilience face à la pollution des sols dans les territoires industriels ?

 Contact : Georges Gay (Georges.gay @ univ-st-etienne.fr)

Les partenaires :

Université Jean Monnet (UMR 5600 EVS, UMR5206 Triangle, CETE –Lyon)

Le Financement :

Ministère de l'Environnement et du Développement Durable

Résumé :

Le consortium aborde ici la notion de « résilience », qui polarise la recherche dans les sciences du risque depuis une dizaine d’années. Si l’étymologie de ce terme est bien stabilisée il n’en est pas forcément de même pour sa mobilisation dans les différents champs scientifiques et praticiens. La pertinence de la notion fait bien débat tant pour ce qu’elle cherche à caractériser que pour ce à quoi elle  s’applique ou encore pour ses fondements idéologiques.
Prendre au sérieux une notion « qui existe ».Quels que soient les débats qui tentent d’agiter un champ académique morcelé, le succès de la notion est patent du côté des praticiens et des acteurs institutionnels tant aux échelles internationale, européenne que nationale. Trois interrogations persistent de notre point de vue :

D’une part, la notion de « résilience » est principalement mobilisée dans le champ des sciences des risques. Nous proposons donc de prêter attention aux perturbations de temporalité lentes qui affectent un territoire et les réponses qui sont apportées (ou non) à ces perturbations prises dans un système d’appréhension globale des dynamiques économiques et sociales.

De manière connexe à ce qui précède, le caractère résilient d’un territoire est souvent déduit de modifications, de signes visibles d’adaptation à des phénomènes de crise tout aussi visibles (inondation, explosion, tremblement de terre, désindustrialisation, etc.). Nous proposons, pour notre part, de nous intéresser à des perturbations « discrètes» qui ne font l’objet d’aucune mobilisation ou de mobilisation(s) peu lisible(s), peu efficace(s), non entendue(s) ou encore, parfois, non appréhendées comme telles…

Enfin, nous sommes frappés par le fait que la résilience des territoires face aux risques ou au changement en général n’est globalement envisagée que comme « vertueuse », sans que les références d’appréhension de cette « vertu » ne soient précisées. Très sensible dans la rédaction du présent appel à projet, cette posture conduit à considérer que la résilience produit presque nécessairement un résultat désirable, moins dans l’absolu que par ce qu’il permet de révéler des capacités des acteurs territoriaux à configurer quelque chose d’autre, à se projeter dans d’autres dispositions voire à croire en un horizon meilleur. Comment analyser alors les configurations territoriales où la situation produite par le changement et les réactions (ou absences de réactions) au changement peut être considérée comme moins bonne que la situation initiale ?

Interroger la résilience à partir des territoires industriels et de leur substrat. Ainsi, prenant au sérieux la notion de résilience sans en faire une finalité de l’analyse, nous nous interrogeons sur la « capacité » des territoires (au sens de sociétés locales) à agir / réagir après le traumatisme de la déprise industrielle et partant à faire face aux risques induits par ces activités sinon révolues du moins fortement recomposées. Nos interrogations sont nourries de la connaissance de configurations territoriales « déqualifiées » d’un double point de vue économique/social et écologique/technologique, où les situations environnementales sont dégradées, les situations à risque plus ou moins identifiées. Il en va ainsi de nombreux sites contaminés jusque-là délaissés, qui sont aujourd’hui regardés avec une certaine inquiétude ; citons les anciens sites d’extraction de minerais métalliques ou de charbon ou bien encore les décharges d’usines métallurgiques. Il devient alors indispensable de développer des techniques de remédiation réalistes, c’est-à-dire acceptables d’un point de vue non seulement environnemental, paysager et économique, mais aussi du point de vue des populations riveraines qui en ont en quelque sorte hérité. Dans le cadre de ce projet, nous souhaitons travailler sur des territoires restreints marqués par l’activité industrielle, au sein de ces « vieilles » régions en déprise économique et démographique pour lesquelles la conversion des espaces est une histoire ancienne, souvent orientée vers le traitement paysager et le verdissement des friches. Ces modalités de conversion spatiale ont clairement privilégié la dimension visuelle, en privilégiant parfois les regards portés de l’extérieur.

Reformulation et problématique. Prendre ainsi au sérieux la notion de résilience et étudier ses définitions et ses usages nous permet au final de monter en généralité de manière contrôlée pour aborder les questions suivantes :

La longue discrétion de l’enjeu de pollution des sols des territoires étudiés est-elle le signe d’une résignation ou d’un accommodement des acteurs habitant ces zones, y exerçant une activité économique ou encore responsables de leur gestion ?

-       A partir de quand, où et comment la question du risque a-t-elle émergée à leur propos ?

-       Cet avènement du « risque » généré par la pollution des sols change-t-il quelque chose à l’appréhension locale de l’(la) (dés)industrialisation et surtout aux capacités de mobilisation et d’action des acteurs concernés ?

Terrains .

-       Terrenoire à Saint-Etienne : Aujourd’hui, l’usine a quasiment disparu, lotissement construit au tournant des années 1980, sur terrains très pollués.

-       Rive de Gier : persistance voire développement de l’activité, crassiers importants (Industeel, Marrel). Le risque inondation polarise aussi l’attention des riverains traumatisés par les crues (mise en cause du pont des aciéries, enrochements).

-       Le Chambon Feugerolles : imbrication forte ville / industrie. Opération emblématique de restructuration assez radicale du centre-ville dans une perspective de traitement paysager et de « verdissement » (question de la pollution des sols abordée ?).

-       Swansea, Wales. Thématique globale des stratégies de régénération urbaine.